Ouais… je sais bien.
Tu as bossé dur sur ton logiciel. Depuis des années tu corriges, tu améliores, tu itères, tu ajoutes des fonctionnalités… à force, tu connais chaque détail technique, chaque cas d’usage et chaque subtilité de ton logiciel sur le bout des doigts.
Bref, tu as construit une machine bien huilée.
Et maintenant qu’il s’agit de rédiger ta page produit, tu fais ce qui te semble le plus logique : tu expliques tout ce que ton logiciel peut faire. Et justement, des choses, il peut en faire !
Le souci, c’est que tes visiteurs, eux, ne sont pas venus pour ça. Je ne parle pas du logiciel lui-même. Il répond peut-être exactement à leurs besoins. Mais le long document Word que tu leur as soigneusement préparé avant de le transformer en HTML… soyons honnêtes : ils s’en passeraient volontiers.
Et dans la plupart des cas, ils s’en passent tout court.
En réalité, ce qu’ils veulent savoir est beaucoup plus simple : est-ce que tu comprends leur problème, et est-ce que ton logiciel peut le résoudre ?
Une page produit n’est pas une documentation. La documentation explique comment fonctionne un logiciel. Une page produit explique pourquoi quelqu’un devrait s’y intéresser.
Pourquoi ce n’est pas si facile
Au fond, je comprends tes réticences. Développer un logiciel est une chose. Se mettre en avant, essayer de convaincre, et pire, sonner “commercial”, c’en est toute une autre.
Beaucoup de développeurs préfèrent que leur produit parle pour lui-même. Et c’est parfaitement compréhensible.
Du coup on va souvent vers l’essentiel : on dresse une liste factuelle des fonctionnalités. C’est honnête, ça ne sonne pas comme du boniment, et au moins personne ne pourra nous reprocher la moindre exagération.
Toutefois, cette approche pose un problème : elle ne raconte pas le produit. Et sur le web, si on ne comprend pas rapidement ce que fait un produit et pourquoi il existe, on passe souvent à autre chose sans états d’âme.
La bonne nouvelle, c’est qu’il suffit souvent de quelques ajustements pour améliorer tout cela. Expliquer clairement un problème et comment le résoudre, ce n’est pas se vendre. C’est juste communiquer.
Et ça, tu sais déjà le faire.
Un autre enjeu souvent oublié : l’adhésion
Adopter un nouveau logiciel ne se résume pas à acheter une nouvelle licence.
Cela signifie souvent changer des habitudes, modifier des processus et surtout convaincre toute une équipe de travailler autrement. Dans un sens, c’est aussi une forme de dette.
Autrement dit, une page produit ne doit pas seulement expliquer ce que fait ton logiciel. Elle doit aussi convaincre que le changement en vaut la peine. En fait, il te faut assez rapidement le fameux buy-in.
Avant même la démo ou ne serait-ce qu’une première prise de contact, tes visiteurs peuvent déjà se poser les questions suivantes :
- Est-ce que cela va compliquer notre travail ?
- Est-ce que la mise en place va être lourde ?
- Est-ce que tout le monde va jouer le jeu au sein de l’équipe ?
Une bonne page produit commence donc à créer cette adhésion en montrant clairement le bénéfice réel : ce qui devient plus simple, plus rapide ou moins pénible grâce à ton outil.
Ce qu’on voit trop souvent
En me baladant sur les sites de petites boîtes de notre chère région lémanique, j’ai remarqué plusieurs schémas récurrents :
La liste de fonctionnalités trop détaillée comme accroche
- Gestion des utilisateurs
[ énorme pavé de texte ] - Exports PDF
[ énorme pavé de texte ] - Tableaux de bord personnalisables
[ énorme pavé de texte ]
Ok, « tip top » comme on dit chez nous.
Mais soyons honnêtes : ça, ça sort tout droit de la doc. Entendons-nous bien, une liste de fonctionnalités a parfaitement sa place dans une page produit. Juste pas dans l’accroche. Avant de s’intéresser à ce que ton logiciel fait, tes visiteurs doivent comprendre non seulement pourquoi il existe, mais surtout pour qui.
Avoir un aperçu suffisamment fourni sans pour autant tomber dans l’infobésité est l’équilibre qu’il s’agirait de viser comme le suggère judicieusement cet article.
Parler des fonctionnalités… sans expliquer le problème
Un autre piège fréquent consiste à décrire ce que fait le logiciel sans expliquer clairement pourquoi ces fonctionnalités existent.
Prenons un exemple très simple.
Dire :
Notre logiciel permet de créer des tableaux de bord personnalisés.
C’est une fonctionnalité.
Mais dire :
Tu passes des matinées entières à saisir des données venant de cinq sources différentes à la main ?
Là, on parle d’un problème réel.
Et lorsque tu montres ensuite que ton logiciel centralise ces données automatiquement, tu démontres toute la valeur de ton produit.
Autrement dit, ce ne sont pas les fonctionnalités qui convainquent. Ce sont les problèmes qu’elles permettent de résoudre.
Il y a d’ailleurs des méthodes avérées pour formuler ce genre de contenu, telle que la méthode PAS :
- Problème : tu décris la friction vécue par l’utilisateur
- Agitation : tu en décris les conséquences
- Solution : tu proposes ta solution et tu expliques comment elle résout le problème
Et bien d’autres variantes de ce genre de copywriting que tu pourras découvrir dans cet article.
Le logiciel qui se limite lui-même
Tu as conçu ton outil pour une entreprise de construction ? Super. Mais si ta solution fonctionne tout aussi bien comme CRM pour d’autres secteurs, pourquoi le restreindre à une seule industrie ?
En cherchant à tout prix la spécialisation, certaines entreprises cachent sans le vouloir les possibilités réelles de leur produit. Et elles se ferment potentiellement à d’autres clients. Dommage, non ?
Le jargon, le jargon, le jargon…
Solution intégrée bout-en-bout pour optimiser les flux opérationnels.
Non mais sérieux, les gars ?
C’est d’ailleurs un fait documenté par les experts du Nielsen Norman Group : l’usage de termes trop abstraits ou techniques agit comme un frein à la lecture. Plus le cerveau doit décoder, moins il mémorise.
La règle est simple : ne pars jamais du principe que tes lecteurs ont la même maîtrise de ton domaine que toi. Et si un terme technique est vraiment nécessaire, explique-le ensuite de manière simple et concrète.
Les captures d’écran sans contexte
Une interface affichée sans explication ne démontre pas de valeur particulière. Elle rappelle juste que tu as une interface. Or ce qui intéresse tes visiteurs n’est probablement pas l’écran lui-même, mais ce qu’il leur permet de faire.
- Pourquoi cette page existe-t-elle ?
- Quel problème résout-elle ?
- Qu’est-ce qu’elle simplifie ?
Ta capture d’écran est justement l’occasion parfaite de le montrer.
Les interfaces qui sentent la poussière
Un autre détail qui joue un rôle important dans la perception d’un logiciel : son UI (interface utilisateur).
Lorsqu’une page produit montre des captures d’écran qui ressemblent à ces vieux logiciels Windows remplis de champs, de tableaux, de boîtes de dialogues grises et de boutons minuscules, les utilisateurs peuvent avoir une réaction presque viscérale.
Même sans connaître ton produit, ils pourraient se dire :
- C’est un peu compliqué et chargé tout ça, non ?
- Va falloir passer un sacré temps pour prendre cet outil en main…
- C’est pas un brin vieillot tout ça ?
Mais en réalité, le souci n’est pas forcément le logiciel lui-même. Certains outils très puissants ont simplement des interfaces héritées de longues années d’évolution.
Cependant la manière dont ces interfaces sont présentées sur une page produit peut influencer fortement la perception du produit et la volonté de l’essayer.
Pour autant, améliorer la perception d’un produit ne nécessite pas forcément la refonte du logiciel.
La manière dont tu présentes ton interface peut déjà faire une énorme différence.
Plutôt que de montrer une capture d’écran complète remplie de détails à peine lisibles, concentre-toi sur un moment précis de l’expérience :
- un écran avant/après
- une action simple (créer une facture, ajouter un client, générer un rapport)
- ou une zone spécifique de l’interface qui illustre clairement la valeur du produit
En te focalisant sur une partie spécifique de l’écran et en expliquant ce qui s’y passe, tu transformes une interface complexe en démonstration concrète.
Une bonne capture d’écran ne montre pas simplement l’UI. Elle montre un moment où le logiciel simplifie une tâche.
Les tarifs bien planqués
Je crois qu’on s’est tous bien habitués aux grilles tarifaires sur les sites SaaS et autres produits digitaux…

Quand les prix sont absents, cela peut créer de l’incertitude, si ce n’est de la méfiance. Les visiteurs peuvent se demander de quoi il relève exactement :
- Un abonnement ?
- Un paiement unique ?
- Un projet sur devis ?
Si l’information n’est pas claire, beaucoup préfèrent simplement partir sans prendre le temps d’en apprendre davantage sur ton offre.
Le CTA qui fait fuir
De prime abord, un bouton mailto peut sembler une solution simple et efficace. Mais pour les utilisateurs, c’est souvent un saut dans le vide : que va-t-il se passer ensuite ?
- Une réponse par email ?
- Un appel commercial ?
- Une démo en visio d’une heure ?
- La réponse viendra-t-elle le jour même ?
- La semaine d’après ?
Réduire la friction consiste aussi à réduire l’incertitude avant le clic. Le mieux c’est d’expliquer clairement à tes utilisateurs ce qui va se passer, et à quoi ils s’engagent en cliquant. Car en effet, le métier de l’UX consiste également à rassurer ses utilisateurs et ses clients.

- Un appel à l’action clair indique ce qui va se passer.
- Le formulaire reste court et simple.
- Et le message de confirmation explique la suite.
Chaque étape réduit un peu plus l’incertitude.
D’un autre côté, et je le conçois, peut-être que ton objectif n’a jamais été de mettre en place une démarche aussi commerciale, et qu’il ne s’agit pas de faire une démonstration en direct.
Peut-être qu’après tout, le seul objetif d’un lien mailto c’est que des clients prospectifs t’envoient un email pour exprimer leur intérêt et que tu leur renvoies ensuite simplement un lien par email afin qu’ils découvrent le produit par eux-mêmes.
Mais même dans ces cas-là, pourquoi ne pas être explicite dès le départ ?
Quelques bonnes pratiques simples
Parler du problème
Donc comme évoqué un peu plus haut, plutôt qu’une liste de fonctionnalités, commence par décrire la situation que vit ton client :
Tu passes des matinées entières à consolider des données réparties dans plusieurs fichiers différents ?
On comprend tout de suite la nature du problème. Et tous ceux qui vivent cette situation se reconnaissent… et ils sont nombreux !
Créer une hiérarchie claire
En quelques secondes, avant même de scroller, tes visiteurs doivent comprendre non seulement ce que fait ton logiciel, mais également pour qui il est conçu. Faute de quoi, tu as hélas déjà perdu une partie de ton public.
Montrer une preuve sociale concrète
Laisse tomber les listes à rallonge de logos anonymes. Ce qui compte, c’est l’impact réel. Un retour client bien clair aura toujours plus de poids.
Pourquoi pas quelque chose de ce genre :
Ce logiciel nous permet aujourd’hui d’économiser trois heures de travail hebdomadaire alors qu’avant on perdait ce temps sur de la saisie manuelle.
Un appel à l’action clair
Un seul bouton te suffit. Mais tu dois aussi expliquer clairement ce à quoi les utilisateurs peuvent s’attendre par la suite.
Et la vidéo dans tout ça ?
Je trouve que c’est un outil qui reste encore trop peu utilisé dans les pages produit de la région. Et pourtant les chiffres sont parlants. Le constat est frappant en B2B : plus de six acheteurs sur dix s’appuient désormais sur des formats vidéo pour valider leur intérêt.
C’est devenu une étape quasi incontournable de leur parcours de décision avant même de solliciter un contact.
Une courte vidéo de deux minutes maximum (une minute, c’est encore mieux) peut clarifier en quelques secondes ce que plusieurs paragraphes de texte peinent parfois à expliquer :
- On voit le produit en action.
- On comprend le problème.
- On voit comment il est résolu.
Ce n’est ni un tutoriel, ni une démonstration complète. C’est simplement une manière d’attiser la curiosité.
Et aujourd’hui plusieurs options existent. En effet, tu peux :
- faire appel à une agence
- utiliser des outils IA
- enregistrer une courte démo toi-même.

Quel que soit ton budget, tu trouveras une solution adaptée à tes besoins.
Tu veux un coup de main ?
Car c’est exactement le genre de sujets sur lesquels je travaille :
- structure de page produit
- texte orienté problème
- conception de vidéo explicative
Si tu veux en discuter, je t’invite à me contacter. Je travaille principalement de manière asynchrone, donc pas d’appel surprise : on peut échanger tranquillement par écrit pour voir ce dont tu as réellement besoin.
Et si tu es dans la région genevoise, on peut peut-être même se retrouver autour d’un café.
Mais si comme moi tu préfères rester derrière ton clavier, ça marche très bien aussi ! 😉
Cette fois-ci, ils ont tous mis la main à la pâte, et j’ai été épaulée tant par ChatGPT, que par Claude et Gemini pour structurer les idées et affiner la clarté de ce billet.