1. Tu es doué… oui, on le sait. Mais encore?
J’ai vu des gens brillants passer leur carrière à résoudre des problèmes, certes passionnants, mais dont les récompenses n’étaient simplement pas à la hauteur de l’effort consenti.
2. La loyauté est une si belle valeur, mais n’en fais pas une excuse.
Tu es resté par solidarité. Par loyauté. Et même par passion. Mais est-ce que tu as vu que ce n’était qu’une étape dans une feuille de route qui ne prévoyait pas nécessairement la place que tu souhaitais à l’arrivée? Celle que tu méritais?
3. La compétence s’exprime. Avec des mots. Avec de l’assurance.
Ceux qui ne savent pas demander reçoivent rarement plus que ce qu’on veut bien leur donner. Et souvent… ce qu’on leur donne ne correspond simplement pas à leur valeur réelle. Au fond ce n’est pas bien méchant, il y en a même qui te diraient que c’est de bonne guerre. Alors joue le jeu toi aussi.
4. Les gens savent quand tu es indispensable.
On a beau dire que personne n’est indispensable, mais des structures qui se sont écroulées suite à une démission, crois-moi, j’en ai vu, car il y a un niveau de compétence et de connaissances qu’on remplace que très difficilement. Non on ne se relève pas de tous les départs. Mais ne t’attends pas à ce qu’on vienne spontanément récompenser ton talent à sa juste valeur si tu n’arrives pas à le vendre toi-même.
5. Ce que tu acceptes une fois devient la nouvelle norme.
Pas parce que l’autre est cruel. Mais parce que bien trop souvent, face à la justice, c’est l’inertie qui l’emporte.
6. Le silence est évidemment souvent lourd de sens.
On espère qu’il sera compris… et je suppose que parfois, il l’est. Mais il faut surtout apprendre à parler. Même maladroitement. Même quand c’est gênant.
7. Certains savent écrire les récits. C’est même leur principale compétence.
Et toi tu finis par tenir un rôle dans leur histoire. Celui qui a été écrit pour toi. C’est peut-être toi qui a quasiment tout construit, mais eux ont su raconter, et donc toi tu as subi. Alors, je te le demande, pourquoi tu ne saisis pas la plume et le papier à ton tour?
8. Il n’est probablement pas trop tard pour réclamer ce qui te revient de droit.
Je voudrais écrire « il n’est jamais trop tard », mais hélas, toi et moi, on sait très bien que ce n’est simplement pas vrai. Mais il vaut la peine d’essayer. Et ce faisant, on peut faire avancer non seulement sa propre cause, mais aussi celle de nos camarades.
9. Les structures qu’on construit ensemble deviennent des habitudes.
Et parfois, les habitudes deviennent des rouages dans un système rigide rarement (ou insuffisamment) remis en question. Pour autant, les mécanismes de ce système peuvent changer. Parfois par le dialogue. Parfois par la démonstration. Mais jamais par l’inertie.
10. Ce n’est pas grave d’avoir mis du temps à comprendre.
C’est même normal. Le but est de trouver les solutions pour gérer l’après une fois les leçons acquises.
En effet, certaines histoires ne prennent tout leur sens qu’assez tardivement. C’est une platitude, certes. Mais la liberté, on la paie souvent au prix fort: celui de son propre inconfort. Des conversations qu’on a toujours remis à plus tard, des négociations qui nous mettaient profondément mal à l’aise. Des demandes qui semblaient malvenues car on craignait de sembler ingrat.
Mais, mon cher ami, mieux vaut ingrat maintenant qu’aigri après. Qu’en penses-tu?